Le don précieux de son temps
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Les bénévoles étaient par ailleurs très actifs dans les soins hospitaliers en ce début du XX' siècle, jusqu'à ce que survienne la professionnalisation des intervenants et la syndicalisation, entraînant une redéfinition du rôle des bénévoles « pour devenir principalement celui d'humaniser les soins de santé, un travail de support affectif aux patients Il.  Et, il Y a 10 ans, un prix venait saluer ce travail bénévole, caractérisé par une affectueuse attention portée par des personnes à d'autres gens dans le besoin, répondant souvent à de nouveaux besoins et multipliant les services offerts bénévolement pour le mieux-être de ceux qui souffrent d'une insuffisance: le trophée Claude-Masson, qui rend hommage à des bénévoles remarquables.

« Depuis l'Ancien Testament, où l'engagement de secourir son prochain est un devoir, le bénévolat apparaît comme une manière d'être ensemble, une façon de marquer son rapport à l'autre, et constitue le support indispensable de tout lien social Il, écrit Suzie Robichaud, dans Le bénévolat, entre le cœur et la raison. Le « rapport à l'autre Il dont elle fait état était l'une des grande qualités de Claude Masson, un homme affable qui se souciait des autres, comme journaliste aussi bien que comme patron ou bénévole.
Sa connaissance intime du bénévolat lui permettait d'en parler passionnément, dans un éditorial publié en marge de la Semaine de l'action bénévole en1994: « Il y a dans l'action bénévole- quelle que soit sa nature et sa forme ­une richesse, une joie, un bonheur, une valeur, une fécondité, une profondeur, une sérénité, un amour indescriptible, Il indéfinissable "... L'action bénévole est un remède miracle aux maux actuels de la société. Ce remède miracle est gratuit. Il guérit les plaies de la vie. Il soigne l'intérieur de la personne qui donne. La personne bénévole devient Il high ". Elle est heureuse. N'est-ce pas, après tout, 1 'essentiel de la vie?»
Rassembleur, Claude Masson l'est encore par les hommages posthumes qui lui sont rendus avec l'attribution de récompenses qui portent son nom, dont le trophée Claude-Masson. A cette récompense s'est greffé un prix en souvenir de Louise Bergeron-Ling, instigatrice de ce symbole honorant des gens d'ici, de tous âges et qualités, qui ont fait preuve d'altruisme et de dévouement à l'endroit de leur prochain.
Homme de foi, Claude Masson mérite bien qu'on lui ait associé un prix du bon Samaritain, car l'action bénévole s'inscrit dans la tradition de la charité chrétienne de nos ancêtres et dans des organismes communautaires en filiation avec les organismes paroissiaux et l'enseignement chrétien qui ne s'est pas encore éteint avec la désaffection religieuse.
L'action bénévole a été méthodiquement étudiée ces dernières années. On a évalué ses bienfaits en terme de travail, mesurant l'intervention bénévole selon des thèmes chers aux capitalistes, comme « le temps c'est de l'argent Il (time is money), car faire du bénévolat c'est « donner de son temps ».
Le bénévolat s'avère donc payant, en terme d'économie, pour l'administration publique, car « capitaliser sur le bénévolat peut s'avérer un moyen efficace pour alléger le fardeau étatique Il, d'écrire Suzie Robichaud.
Le bénévolat peut alors être vu comme une entrave à l'emploi d'un salarié ? Non, car le geste gratuit, le don de son temps, n'a de valeur qu'humanitaire.
Depuis 10 ans, on souligne, à Joliette, les mérites d'hommes et de femmes en qui d'autres ont vu des modèles formant l'un des maillons d'une longue chaîne d'entraide.
Les bénévoles honorés ne sont que la pointe d'un iceberg de générosité, de gratuité, de bonté qui s'exprime chaque fois qu'une personne en aide une autre, par un sourire, un don, un coup de main, parfois anonymement, parfois comme membre d'un groupe, comme parent ou ami.
Ils sont des bons Samaritains, des aidants, des Lanaudois qui soutiennent ceux qui sont dans le besoin, sans rien attendre en retour, par ce que c'est bon d'aider, s'entraider et s'accomplir.
Source La Presse